La guerre de 1914-1918 - Gilbert Viviant

La guerre de 1914-1918 - Gilbert Viviant

Les historiens l'ont qualifiée de Grande Guerre ou de Première Guerre Mondiale en raison du nombre de pays engagés et du nombre de combattants mobilisés, dont 8 500 000 français. Cette guerre employa des stratégies nouvelles : chars de combat, tranchées, sous-marins mais aussi une redoutable artillerie lourde et même l'arme chimique comme l'ypérite allemande.

En France, le conflit causa la mort de 1 390 000 combattants et fit 740 000 mutilés. Seynod perdit trente de ses appelés, Vieugy vingt, Balmont quinze.

Les causes de la Grande Guerre sont les suivantes. Dans la décennie qui précède 1914, des conflits éclatent en Bosnie et en Macédoine générant deux blocs qui vont bientôt s'affronter : celui des Alliés qui regroupe notamment la France, l'Angleterre et la Russie et celui des Empires centraux, l'Allemagne, l'Autriche-Hongrie et la Turquie. Après l'assassinat du prince héritier d'Autriche-Hongrie à Sarajevo qui met le feu aux poudres, des Etats se joignent à l'un ou l'autre camp.

Le 1er août 1914, l'Allemagne décrète la mobilisation générale et le même jour tous les maires de France reçoivent du gouvernement le télégramme qui fixe la mobilisation pour le lendemain 2 août. Dans les campagnes, le tocsin ramène au village ceux qui sont occupés aux moissons. Le 3 août l'Allemagne déclare la guerre à la France.

Entre temps dans les communes, les maires donnent lecture de la dépêche de Monsieur le Préfet sur les mesures à prendre pour assurer la rentrée et le battage des moissons en l'absence des hommes partis au Front. L'élan patriotique des hommes âgés, des femmes et des adolescents sera remarquable pour effectuer les tâches agricoles urgentes.

L'annonce de l'entrée en guerre de la France avait jeté la consternation dans toute la population. Puis peu après, les appelés reçurent leur lieu de casernement. Pour les futurs combattants savoyards, ce fut pour un certain nombre le 30e Régiment d'Infanterie basé à Annecy ; pour les autres régiments d'infanterie, ainsi que les zouaves et les chasseurs alpins, ce sera le départ en gare d'Annecy, chapeau en tête, avec les encouragements des habitants dans une certaine bonne humeur. On était persuadé que le conflit serait de courte durée.

La guerre

Peu après la déclaration des hostilités du 3 août 1914, cinq armées allemandes envahissent le nord de la France violant la neutralité belge.

Les premiers affrontements furent très meurtriers. L'artillerie ennemie à longue portée décimait nos colonnes en marche, à dix km du Front. Vaincus dans les Vosges et en Lorraine, repoussés dans les Ardennes et dans la Somme, les Français mal commandés ne pouvaient de sucroît compter sur les Belges envahis, ni sur l'armée anglaise elle-même battue dans le Pas de Calais.

C'est lors de ces combats des premiers jours que perdirent la vie :

le 22 août Claudius Mugnier, Balmont, 22 ans

le 27 août François Thommasset, Seynod, 29 ans, en Meurthe et Moselle

le 30 août Jean Beauquis, Vieugy

le 2 septembre François Martinod, Seynod, 25 ans, dans les Vosges

le 2 septembre Jules Lacrevaz, Balmont, 31 ans, dans les Vosges

le 2 septembre Jules Gaillard, Vieugy, dans les Vosges

le 6 septembre Eugène Guillot, Vieugy, 34 ans, dans les Vosges

L'avancée ennemie n'était plus qu'à une soixantaine de kms de Paris (voir carte) il fallait un sursaut du Haut-commandement français. Ce sera chose faite à partir du 5 septembre avec la bataille de la Marne dirigée remarquablement par le Général Joffre et son nouvel état-major composé notamment des généraux Fayolle, Maunoury, Pétain, Franchet d'Esperey et Foch. Ce sera aussi les fameux taxis de la Marne, taxis parisiens mobilisés pour convoyer les renforts. Dans ce sursaut désespéré, chaque colline, chaque village, chaque ferme sont disputés avec acharnement à l'ennemi par nos troupes retrouvant bon moral et vigueur. Les canons de 75 français jusque là en infériorité en raison de leur portée limitée, font ici merveille grâce à leur mobilité.

La bataille de la Marne marque la fin de l'avancée allemande mais aura été fatale à :

le 9 septembre Augustin Lyard, Seynod, 23 ans, en Meurthe et Moselle

le 28 septembre Pierre Pélissier, Seynod, 24 ans dans la Somme

le 2 octobre Jules Gallay, Seynod, 25 ans, à Wamemon

mais aussi à Jean-François Beauquis de Balmont, Ernest Mugnier de Balmont, Joseph Fromaget de Balmont.

Avec l'automne et les premiers froids, par manque de moyens aussi dans les deux camps, le front de guerre se stabilise. Après la guerre de mouvement, les combattants creusent les premières tranchées réalisant ainsi la guerre de position. L'espoir d'un conflit rapide s'amenuise.

A la fin de 1914 la France déplore 300 000 tués, des blessés et des prisonniers par dizaine de milliers. Pourtant nul n'imagine que la guerre va encore durer quatre longues années.